Je n'ai parfois plus besoin de ce sentiment, qui me flanque au dernier rang de mon espèce morale. Alors j'allume une clope, une enième clope. Pourquoi j'ai cessé de cogner mes idées contre les murs aujourd'hui? en fait je ne veux pas me poser la question, mais tout ceci ne dépend que de moi. je devrais juste dire : j'ai cessé de cogner mes idées contre les murs. Et là ça prend de suite une autre dimension. Je n'interroge plus mais exprime un fait avec peut être une part de vérité. Il est reparti sans même me dire aurevoir, mais là encore c'est une formule d'usage car je ne le souhaitais pas. Alors j'arpente et pose mos dos contre ce mur de pierres encore chaudes d'une vie passée. Je sais que ces pierres renferment un vécu, pas encore le mien, je ne les ai pas assez caressées pour cela. Alors je fais parcourir mes ongles dessus. Il y a une chaise qui traîne, je me demande encore ce qu'elle fait là. Je m'assois et ouvre la porte. Je suis entre deux pièces vides mais vides dans le fond car dans la forme il y a tout un amas de vie. Et j'observe la clope entre les lèvres. Je péterais bien un bout de mur. Je me mets debout et monte sur la chaise, il fait jour mais cette ampoule je veux qu'elle m'éclaire, faux contact, grillée, que sais je, je la dévisse et la laisse tomber par terre. Un petit bruit sourd mais tout sauf anondin. J'ai brisé du verre sciemment. Je ne devrais pas en avoir le droit. Touts ces petits eclats et moi qui suis pieds nus. Je redescends, la fumée me fait pleurer un oeil. Ce qui m'empêche de réaliser que je pose le pied à l'endoit même où j'ai brisé l'ampoule. Un bout lacère ma plante de pied. Je ne me souviens pas avoir crié. Il s'est planté dans ma chair, je le retire du bout des doigts. Un peu de sang. Je suis dans une pièce au mur de pierres de plus de cent ans, je fume, je suis assise sur nulle part, j'ai le pied en sang et j'aime ça. Un rien, je suis envahie et pénétrée par le rien. Un substitut de vide. Le soleil décline, le noir entre par la porte encore ouverte. Je reste là avec ce sentiment de rien. Aucun souvenir, aucune pensée. Face et avec moi même. Combien de fois ai je vécu cela sans m'en rendre compte, cela a une importance singulère aujourd'hui. Ce rien est entrain de naître. Un poids sur moi qui ne pèse rien. Nier le Rien. Mon esprit inverse mon ressenti. A vouloir tout comdamner j'erre dans ce rien. Encore il me revient, ne me quitte plus, pour m'annoncer que tout a une fin. Mais le tout s'est vu déchu de ses propres droits. Je suis assise et je voyage à travers ce rien. Il est grand, il est calme, il m'aspire. Comme une résoluton percutante. Vide de tout, avide de rien. Je ne peux plus être dans l'attente. Ce rien a tué mon tout. Je n'aurai plus mal. Le mur me crie de pleurer pour ce rien. Je me lève et il ne reste rien...